Je nous revois encore assis sur ce fameux banc…

On rigolait, on se taquinait, j’avais la tête sur ton épaule et on parlait de nous comme si tout était évident, comme si rien ne pouvait nous atteindre.

Tu me portais sur ton dos juste pour me faire sourire, tu courais avec moi en riant, et à ce moment-là je me sentais enfin bien, enfin à ma place avec toi.

Tu me disais que c’était la première fois que tu étais aussi sérieux avec quelqu’un,

Tu te confiais à moi sur tes problèmes, ta famille, tes faiblesses… et moi j’étais là, à t’écouter, à te comprendre, sans jamais te juger.

Je t’ai tout donné sans réfléchir, sans peur.

Je pensais vraiment qu’on construisait quelque chose de solide, quelque chose qui allait nous tenir tous les deux.

Mais avec le temps… tout s’est éteint doucement, sans explication.

On retourne sur ce même banc, mais il n’y a plus rien.

On reste là, 40 minutes, chacun sur son téléphone, sans se regarder, sans se parler.

Le silence entre nous est lourd… mais le pire, c’est ce vide à côté de toi.

Je suis là physiquement, mais j’ai l’impression d’être seule, complètement seule.

Et puis on se lève, on rentre. Toujours sans un mot.

Moi je rentre chez moi avec cette solitude qui me suit partout, même quand tu es censé être là.

Je me sens vide, perdue, comme si je portais toute cette relation toute seule.

C’est plus seulement de la tristesse… c’est le sentiment d’être invisible pour quelqu’un qui comptait tout pour moi.

Je me demande si tu le vois, ou si tu fais juste comme si je n’étais plus la même.

Si je disparais petit à petit dans ta vie sans que ça te touche, sans que ça te manque.

Et chaque fois que j’ai envie de parler, je me ravale.

Parce que j’ai peur de trop en demander, peur de créer encore des tensions, peur que tu t’éloignes encore plus.

Alors je me tais. Encore. Toujours.

Je garde tout en moi, mes doutes, ma peine, et cette solitude que je ressens même quand tu es là.

Je souris parfois pour cacher ce vide énorme à l’intérieur, mais dès que je suis seule, tout me retombe dessus.

Et le plus dur… c’est de me sentir aussi seule dans quelque chose qui était censé être à deux.

Je suis avec toi… mais j’ai l’impression de ne plus exister dans ton monde.